Essai Skoda Kodiaq 2024 : dans le moule

Premier né d’une longue série de SUV à la sauce tchèque, le Skoda Kodiaq apparu en 2016 se renouvelle avec l’arrivée d’une seconde génération qui tout comme son prédécesseur entend séduire sa clientèle future par une proposition consensuelle, mais juste sur bien des plans. Essai de la version TDI 193 4×4.

Comme nous l’a si bien rappelé Skoda lors de la présentation de son nouveau SUV, le Kodiaq tire son nom de l’Ours éponyme, souvent considéré comme le plus grand carnivore terrestre. C’est donc sans prétention supérieure que le Kodiaq de deuxième génération se dévoile avec pour ambition de dévorer le reste de la concurrence. Il faut dire que cette dernière reste pour le moment assez faible, les deux prinicpales alternatives de SUV familiaux 7 places issus de constructeurs généralistes se limitant au Peugeot 5008 et Hyundai Santa Fe. Ces deux derniers sont d’ailleurs en passe d’être renouvelés à l’été avec une arrivée prévue sur le marché français dans les prochaines semaines.

Plus spacieux, plus acceuillant

Le nouveau Kodiaq entend bien faire de l’habitabilité et de l’espace à bord l’un de ses atoûts phares malgré des dimensions semblables à la première génération : 4.76m en longueur (+6 cm), 1.86m en largeur (-2 cm) et 1.66m en hauteur (-2 cm). La longeur améliorée profite largement au volume de chargement augmenté de 80 L pour selon la motorisation, proposer jusqu’à 910 L en configuration 5 places et un très honorable score de 340 L en configuration 7 places. Chose surprenante, la troisième rangée gagne 15 mm en garde au toit alors même que le Kodiaq se fait légèrement moins haut qu’auparavant, un signe intéressant d’une optimisation de l’espace à bord.

Dernières technologies disponibles

Tout comme le reste de la gamme Skoda, notamment la Skoda Superb avec laquelle le Kodiaq partage entre autres sa date d’arrivée dans les concessions françaises, le nouveau grand SUV tchèque dispose des dernières mises à jour technologiques que l’on retrouve sur le reste des produits de la gamme  Volkswagen et, bonne nouvelle pour le consommateur, bon nombre d’entre elles sont proposées de série ! On retrouve par exemple l’écran principal de 12.9 pouces (le même que sur le cousin Tiguan) ou encore le Virtual Cockpit. D’autres nouveautés font leur apparition : la phone box réfrigérée, la console centrale aux rangements multiples, l’affichage tête haute ainsi que les fameux Smart Dials dont le fonctionnement vous a déjà été détaillé dans mon essai de la Superb Combi.

Gamme complète dès le lancement

Initialement proposé en finition Sélection (en 5 et 7 places), le Kodiaq ajoutera à sa gamme d’ici quelques semaines une finition Sportline (comme celle de notre modèle d’essai) et d’ici quelques mois, une version RS. Les motorisations disponibles sont actuellement au nombre de 4 avec un moteur essence (1.5 TSI Hybrid 150 ch), 2 moteurs Diesel (2.0 TDI 150 ou 2.0 TDI 193 4×4) et 1 motorisation hybride (1.5 TSI iV 204 ch). Les prix démarrent à 43 970€ pour un Kodiaq 1.5 eTSI 150 DSG7 Sélection 5 places. Nous avions à l’essai pour notre part, un Kodiaq 2.0 TDI 193 4×4 Sportline 7 places, pour lequel malheureusement nous ne sommes pas en mesure de vous donner plus de détails tarifaires. Le configurateur disponible en ligne est encore un peu avare en informations.

Un design extérieur qui entre dans le moule

Si le Kodiaq n’a jamais brillé par un design osé, cette deuxième génération ne fera pas exception. Pire d’après moi, il perd même quelques uns de ses traits caractéristiques pour arborer une silhouette tout ce qu’il y a de plus banal dans le paysage automobile actuel, avec des inspirations de multiples horizons.

On retrouve néanmoins sur la face avant les optiques à deux étages et une calandre à barrettes verticales. Le capot plus droit et moins plongeant qu’auparavant renforce la musculature du SUV tchèque avec un semblant de Ford Explorer dans sa silhouette globale. Le coefficient de trainée est toutefois passé de 0,32 à 0,28, un aspect non négligeable pour favoriser l’efficience à la pompe. Il est d’ailleurs intéressant de remarquer que les constructeurs se remettent à insister sur cet aspect technique dans leurs communications officielles. La partie arrière est malheureusement celle qui me plait le moins, le Kodiaq ayant tout d’abord cédé aux appels irrésistibles du bandeau lumineux, mais arbore aussi dans notre finition Sportline des canules d’échappement factices. Notre modèle d’essai semble ainsi avoir coché toutes les cases du SUV moyen, sans que cela ne soit un compliment.Une note enfin sur la palette de couleurs proposée, plutôt variée avec deux nuances de Bleu (Bleu Energy, couleur gratuite et Bleu Racing comme sur notre modèle d’essai), un Rouge Velvet et la couleur de lancement Or Havane. Les constructeurs semblent se remettre à la mode passée des couleurs marron glacé / Champagne / vert sous toutes ses formes du milieu des années 2000. 

À l’intérieur : massif et rassurant

Le dessin de la planche de bord conserve les spécificités de la première génération, avec chose notable, la présence remarquée de la double boîte à gants qui reste de la partie. L’ergonomie générale reste dans la veine des dernières nouveautés du groupe Volkswagen avec la présence remarquée de la dalle numérique de 12,9 pouces au centre et la disparition du levier de vitesse du tunnel de transmission qui migre sur la colonne de direction. On note par rapport à la Superb un design beaucoup plus massif de la planche de bord, renforçant l’aspect robuste et rassurant que le Kodiaq souhaite incarner. Cette impression est prolongée aux extrémités avec des buses d’aération aux contours anodisés épais ou encore dans les contreportes avec des poignées imposantes elles aussi.

La sellerie spécifique de notre modèle d’essai mêle avec brio tissus et suédine. Les fauteuils conducteur et passager sont une véritable réussie à la fois dans le dessin, mais aussi dans le choix des matières jusqu’au maintien latéral. Ils sont évidemment proposés avec des réglages électriques et une fonction de mémorisation selon 3 positions. Leurs dossiers réalisés d’une seule pièce constituent l’un des éléments notables de cette finition Sportline. Comble du sport, le pédalier alu !

Il fait globalement bon vivre à bord du Kodiaq et la deuxième rangée ne fait évidemment pas exception, c’est même l’un des éléments clefs pour juger des qualités d’un véhicule à vocation familiale. On regrette néanmoins le côté trop plat des deux sièges extérieurs au niveau de l’assise, sans réel élément de maintien, et le côté une fois de plus sacrifié de la place centrale qui outre la présence d’un tunnel de transmission (abritant l’arbre mécanique indissociable de notre version à 4 roues motrices) se voit gréver du moins moelleux dans l’assise ou le dossier, un peu dommage. Notons enfin un accès et une modularité aisée à la troisième rangée via la possibilité de faire coulisser indépendamment en profondeur les deux sièges principaux de la rangée centrale. Relevons aussi un volume de coffre légèrement inférieur sur notre version 7 places (835 L contre jusqu’à 910 en configuration 5 places sans la troisième rangée dans le plancher).

Au volant : une familiale avant tout

Si l’inauguration du DCC Plus sur le Kodiaq est une excellente nouvelle, ce dernier n’en reste pas moins un véhicule à vocation familiale avant tout : rassurant dans la conduite et non destiné à être bousculé. Le DCC Plus offre sur notre version à 4 roues motrices pas moins de 7 profils différents de conduite : Eco, Confort, Normal, Sport, Offroad, Snow & Individual. Les premiers kilomètres de routes tortueuses avec le mode Confort enclenché sont caricaturaux : le Kodiaq ballote et pompe en permanence sur ses suspensions, je sélectionne vite le mode Normal avant que mes nausées ne s’accentuent. Le Kodiaq révèle alors un comportement routier particulièrement agréable avec un feeling de direction juste doux comme il faut, une tenue de caisse honorable et une quiétude déconcertante à mener un tel gabarit sur de si petites routes.

Je me surprends même à tenter l’expérience du mode Sport avec des résultats plutôt convaincants. Dans la même veine que Passat, Tiguan et Superb avant lui, le Kodiaq muni du DCC Plus se voit en fonction du mode enclenché complètement transfiguré, et ce n’est pas que de la poudre aux yeux croyez moi ! Mention spéciale également pour la monte pneumatique Hankook de série et se discrétion acoustique même lorsque les flancs travaillent : zéro crissement ni bruit de frottement même en épingle, c’est assez rare pour être souligné. Au rang des points noirs, le bruit du 2.0 TDI vraiment trop présent dans l’habitacle dans les phases d’accélération même modérées. Au bruit, le 4 cylindres Diesel semble parfois à la peine et nous gratifie d’un caractère quelque peu rugueux pas très flatteur à l’oreille. Je m’attendais également à une sensation de poussée plus présente avec 193 ch et 400 Nm à disposition. S’il n’en était absolument rien dans les sensations, les chiffres promettent pourtant un 0 à 100 km/h avalé en 7,8 secondes et une vitesse max de 220 km/h, soit des chiffres tout à fait respectables pour quasiment 1800 kg à vide. La position de conduite haut perché est sans doute en cause dans cette ambivalence.

Le vrai terrain de prédilection du Kodiaq reste néanmoins l’autoroute avec un confort de conduite à toute épreuve qui vous permettra d’avaler tranquillement des centaines de kilomètres en famille. Quelques bruits d’air sont à noter en haut de vitres avant à partir de 125 km/h mais rien de rédhibitoire. Si nous avons noté une consommation aux alentours de 8,5 L / 100 km lors de notre parcours dans les lacets du Cantal, les 6.6 L / 100 km relevés lors de notre parcours autoroutier de fin de journée nous paraissent plus en adéquation avec la réalité des capacités du Kodiaq.

Nouvelle référence ? 

Avec cette deuxième génération, Skoda prend peu de risques et améliore en douceur tout ce qui pouvait l’être sans révolutionner quelque aspect que ce soit de son SUV phare, figurant sur le podium du top 3 des ventes de la marque. Si le look semble s’abandonner au pragmatisme, l’espace à bord progresse tout comme la dotation de série d’un point de vue technologie, de quoi réunir toutes les conditions nécessaires à faire de ce nouveau Kodiaq une nouvelle référence sur le marché. 

Quelques chiffres 

Dimensions Lxlxh : 4758x1864x1679 mm
Poids à vide : 1792 kg à vide
Volume coffre : 835 L
Volume réservoir : 55 L
Consommation mixte annoncée (WLTP) :   5.6 – 7.3 L / 100 km
Rejet CO2 moyen annoncé (WLTP) : 157-174 gCO2 / km selon finition
Moteur : 4 cylindres en ligne turbo 1968 cc
Puissance max combinée : 192 ch à 3200 tr/min
Couple max thermique : 400 Nm à 1750 Nm
Vitesse max : 220 km/h
0 à 100 km/h : 7,8 s

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