Vous le savez, puisque vous l’avez très sûrement déjà ressenti : une voiture, ça peut nous laisser de drôles d’impressions. Certaines vont nous énerver, on tombera amoureux d’autres, quelques-unes pourront même nous laisser un peu mélancoliques. Pour autant, je n’avais jamais conduit de voiture frappante. Jusqu’à la smart EQ fortwo.

Elle est…

…frappante de ressemblance avec une fortwo « normale »

Ah oui, petite précision : « EQ », ça veut dire « à batteries » chez Mercedes-Benz et smart. Oubliez donc les versions electric drive, place aux deux petites lettres E et Q placées entre la marque et le modèle. Mais bon courage pour distinguer une smart électrique d’une smart à essence, puisque les seules et uniques modifications de la carrosserie se situent au niveau de la calandre et du hayon, où trônent deux minuscules badges EQ…et c’est tout. La silhouette bicorps de la troisième génération se retrouve donc complètement inaltérée. Ma version cabriolet, elle, apporte cette capote rouge qui se marie si bien avec le gris mat de la carrosserie. Les jantes optionnelles rendent l’ensemble à croquer !

Une version quasiment impossible à reconnaître, donc. C’est intéressant comme stratégie : on passe d’une génération de voitures électriques pour lesquelles il fallait qu’elles soient reconnues comme différentes à une génération où la version électrique ne devient qu’une offre parmi les autres. Changement total de paradigme. Et les smart EQ, que ce soit une fortwo, une fortwo cabriolet ou une forfour, rentrent à fond dans cette mouvance.

…frappante d’espace à bord

2.69 m de long, 1.66 m de large, 1.55 m de haut : dit comme ça, on voit mal comment on pourrait y caser deux adultes et un coffre de 260 litres sans recourir à une scie sauteuse. Et pourtant ! Et pourtant, on est carrément à l’aise dans cette fortwo cabrio. La position de conduite est bonne, l’aisance aux coudes parfaite même à deux à bord, l’accès au coffre facilité par la capote qui se soulève d’un geste : il n’y a franchement rien à dire au chapitre habitabilité, si ce n’est que c’est une sacrée surprise. J’ai simplement un peu plus de doutes sur le revêtement en tissu nid d’abeille qui recouvre la planche de bord : quid de la durabilité et de l’entretien ?

Ici aussi, très peu de choses diffèrent de la version à essence. De fait, mis à part le mignon petit indicateur de puissance et de charge restante à gauche du compteur, c’est du pareil au même. Pour le reste, l’esprit Renault est bien présent avec des commodos, des poignées de porte et l’écran central repris de la gamme au losange. Ce n’est nullement un reproche, tous les éléments cités étant parfaitement fonctionnels.

…frappante de dynamisme

On tourne la clef à fond, petit bip, il est temps d’y aller. On appuie sur l’accélérateur et woosh ! on décolle : cette fortwo électrique a un peps d’enfer ! Un coup d’œil aux caractéristiques techniques ira dans ce sens : 60 kW (soit 81 ch) et 160 Nm disponibles immédiatement, ça commence à faire lorsqu’il n’y a que 1 115 kg à propulser ! De fait, le 0 à 60 km/h est expédié sur cette version cabrio en 5.1 secondes –la version avec un toit en dur, plus légère de 30 kg, grignote ce temps de deux dixièmes supplémentaires.

Même avec le mode Eco enclenché, la smart fait preuve d’une vivacité grisante. C’est d’ailleurs avec ce mode que j’ai passé le plus de temps, non pas pour des questions d’autonomie (on y reviendra), mais parce que le frein régénératif y est constant. En mode normal, d’après ce que j’ai compris, il se module uniquement en fonction de la distance avec la voiture de devant. Ce qui fait que si vous vous arrêtez à un stop sans personne devant…bah il n’y en aura pas. J’ai donc préféré la constance du mode Eco –d’autant plus que, encore une fois, ça ne change quasiment rien au peps de la voiture.

Et ce n’est pas fini ! SI l’accélération est bien agréable, l’agilité est également très rigolote. D’une part à cause de la direction, (très) légère mais (très) directe : les changements de file se font d’un claquement de doigt. Mais également grâce au rayon de braquage absolument dantesque : 6.95 m entre trottoirs ! De fait, lorsqu’on braque à fond, on a l’impression de pivoter sur soi. C’est génial.

…frappante de polyvalence

Oui oui, j’associe bien « smart » et « polyvalence ». Durant mon essai, j’ai parcouru 227 km à son volant dans l’Ouest parisien, avec pas mal de ville et un même un peu d’autoroute. Sans avoir peur ! Même à 110 km/h, pas un mouvement de caisse parasite n’est à déplorer, la voiture reste stable et ne semble nullement être prise de court. On peut même allègrement dépasser ! Une vraie autoroutière ? Presque, puisque même les sièges sont confortables sur le long cours. Ils sont fermes, certes, mais ils maintiennent admirablement bien le dos : voilà qui change de la Nissan Leaf

Mais la jauge d’autonomie nous rappelle rapidement que la ville est plus adaptée à la fortwo : avec une batterie de 17.6 kWh, on ne peut pas faire de miracles… D’autant plus que la smart est assez gourmande, avec une moyenne de 13 kWh/100 km relevée à la fin de l’essai –j’ai consommé 13.2 kWh/100 km avec la Leaf, en incluant un aller-retour Paris-Amiens par l’autoroute. Du coup, j’étais autour des 140 km avec la batterie pleine, avec une pointe à 175 km après un trajet purement urbain en faisant un peu attention à ma conduite. C’est quand même suffisant pour une urbaine !

En tout cas, l’avantage d’une petite batterie, c’est que ça se recharge rapidement. Même sur une prise 220V, il ne faut que 6h à la smart EQ pour recharger ses batteries à 80 % -il faut plus de 20 h pour une Leaf ou une Zoe de 40 kWh. En la branchant sur une borne publique, on tombe même à 3h30… Petit bonus : l’année prochaine verra arriver un chargeur intégré de 22 kW dans le catalogue des options. Et qui ramènera le temps de charge à seulement 40 minutes !

Terminons ce chapitre polyvalence par la spécificité de ma version cabrio : son toit rétractable. Ce qui fait de cette fortwo la seule électrique décapotable…avec la Citroën e-Méhari. Allez, on peut dire sans trop s’avancer que la smart est la seule vraie électrique décapotable. Mais je ne soulignerai jamais assez à quel point une balade sans un bruit les cheveux au vent est agréable… Ce qui est moins agréable, c’est la procédure de rangement des arches dans le coffre. C’est bien simple : même en décortiquant le manuel d’utilisation, je n’ai jamais réussi à les caser correctement !

(son prix aussi est frappant)

32 400 € : c’est le prix de la smart EQ fortwo cabrio qu’on m’a prêté. Ça pique un peu les yeux, non ? Mais bon, ce tarif cache plusieurs choses. En premier, l’exemplaire que j’ai eu était une version haut de gamme dotée d’à peu près toutes les options possibles et imaginables : la fortwo électrique commence à 22 650 € et 26 250 € pour le cabrio. Aussi parce que les tarifs mentionnés dans ce paragraphe ne prennent pas en compte les 6 000 € de bonus : les prix baissent alors à 16 650 € et 20 250 € pour, respectivement, la fortwo de base et sa version cabrio.

Nous nous retrouvons avec 3 485 € de différence avec la moins chère des smart, tandis que la version thermique la plus proche (90 ch et boîte automatique) est à seulement 1 200 € d’écart. Enfin, parce que la batterie est comprise dans le tarif et que les coûts d’énergie sont donc bien moins élevés que pour les versions essence. Une smart électrique est-elle au final meilleur marché que son homologue thermique ? Cela va uniquement dépendre de votre usage. A vos calculettes !

En conclusion : une voiture frappante de bon sens.

Oui oui. Je peux même vous le mettre en italique : cette smart EQ fortwo est frappante de bon sens. C’est comme une évidence, en fait. A son volant, on se dit qu’une citadine électrique, c’est quand même rempli de bon sens. C’est même carrément logique, puisque c’est en ville que l’électrique y est le plus à son aise : vivacité au démarrage, frein régénératif aux décélérations, contraintes d’autonomie moindre… Et quoi de mieux que la plus petite des citadines pour incarner ce parangon de la mobilité urbaine ?

Crédits photos : Ugo Missana, smart

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