Dimanche 22 juin dernier se tenait le premier des 3 rendez-vous programmés cette année pour les Pirelli PZero Experience. Blogautomobile y était, alors voici un petit condensé de cette journée riche en sensations !

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Mais au fait, les PZero Experience, c’est quoi au juste ? Eh bien il s’agit de sorties circuit organisées par le célèbre manufacturier de pneus, permettant aux propriétaires de GT de se faire plaisir sur de grands tracés français. Cette année, le programme prévoit 3 dates : la première au Castellet, la seconde le 18 septembre à Magny-Cours et enfin une dernière au Mans sur le circuit Bugatti le 7 novembre. Ces rendez-vous permettent également de découvrir la gamme Pirelli grâce à des responsables techniques dépêchés sur place, mais aussi pour les participants de profiter s’ils le souhaitent de conseils de pilotage prodigués par les instructeurs présents.

En plus des roulages avec leurs propres autos, les participants peuvent prendre le volant pour quelques tours à bord de modèles dédiés pour l’occasion. Cette année, Jaguar est le constructeur partenaire de l’événement, le félin a donc fait le déplacement avec sa dernière-née, j’ai nommé Mademoiselle F-Type, dans ses deux déclinaisons coupé et cabriolet, en versions V6 et V8. Pour rappel, Jean-Baptiste vous a proposé il y a peu un essai complet de la belle, j’invite donc tous ceux qui n’ont pas eu l’occasion de le lire de réparer cette bévue de suite en cliquant ICI (j’ose espérer que vous penserez à revenir ici ensuite…).

L’anglaise n’était pas la seule à se laisser dompter sur le superbe tracé du Circuit Paul Ricard : elle était accompagnée par deux copines tout aussi charmantes, à savoir l’Audi R8 (V8, V10, coupé et spyder) et mon amie l’Alfa Romeo 4C (dont vous retrouverez l’essai ICI, si un peu de lecture supplémentaire ne vous dérange pas !)

Programme alléchant donc, avec qui plus est le beau soleil du Sud pour nous accompagner, que demande le peuple ?

Avant de rentrer dans le vif du sujet, parlons un peu chiffres. Pirelli est le 5ème fabricant mondial de pneumatiques, derrière Bridgestone, Michelin, Goodyear et Continental. Ce classement s’explique principalement par le fait que Pirelli cible en priorité le haut de gamme, qui se vend forcément beaucoup moins que les gommes « mainstream » que proposent ses concurrents.  Mais n’allez pas croire que le manufacturier italien n’équipe que les Ferrari ou les Porsche ! Il propose certes le PZero qui reste son produit phare, mais d’autres gammes sont également au catalogue, pour un usage classique (Cinturato), SUV (Scorpion) et cette année une gamme pour utilitaire vient d’être lancée (Carrier). Enfin, les pneus de compétition représentent également une partie de la production, Pirelli étant notamment fournisseur officiel de la Formule 1.

La grande force de Pirelli est de proposer un grand nombre d’homologations spécifiques pour les constructeurs. Ce sont les pneus dits « marqués », avec un signe variant d’une marque à l’autre : AR pour Alfa Romeo, étoile pour BMW, LS pour Lotus, VO pour Volkswagen… Ces gommes sont conçues selon un cahier des charges précis fourni par le constructeur demandeur, de façon à obtenir les meilleures performances du véhicule équipé.

Concernant le PZero, qui va retenir notre attention aujourd’hui, il a été commercialisé à plus de 50 millions d’exemplaires depuis sa création en 1987. Une année qui évoque forcément un petit quelque chose dans la mémoire des férus d’automobile : alors oui, c’est en 87 que l’Opel Omega a remporté le titre de voiture de l’année, mais celle qui nous intéresse est plutôt la Ferrari F40. Outre le fait qu’il s’agit encore pour beaucoup de LA meilleure voiture de sport de siècle (et du monde, voire de l’univers), c’est aussi la première à avoir chaussé des PZero. Et ce n’est pas un hasard, ils ont à l’origine été développés spécialement pour elle, afin de passer les quelques 478 chevaux (une puissance assez colossale pour l’époque) de son V8 turbo sur l’asphalte.

Depuis, ce pneu à bien évidemment beaucoup évolué mais son nom est resté. Il forme même désormais une gamme complète, allant du PZero Nero GT qui équipe les berlines jusqu’à l’extrême PZero Trofeo R, dédié à la piste mais tout de même homologué sur route. Entre les deux, on retrouve les variantes PZero « tout court » et PZero Corsa.

Voilà pour la présentation, désormais place à l’action !

Après le traditionnel briefing des pilotes, qui permet de rappeler les règles de base du roulage sur piste mais aussi de nous présenter  le tracé retenu pour la journée (car le Paul Ricard dispose de pas moins de 167 combinaisons possibles !), c’est parti pour les premiers tours de piste !

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Le parc auto du jour est assez intéressant et hétéroclite, allant de la « modeste » Lotus Elise jusqu’à la démentielle Ariel Atom V8. On note aussi la présence d’une Lamborghini Murcielago, d’Audi R8 GT, de Porsche 911, d’une Ferrari F430… Bref, je ne vais pas toutes les citer, vous pourrez les découvrir en images tout au long l’article. Si vous vous demandez pourquoi il n’y a pas d’autos un peu moins exclusives, sachez que pour pouvoir s’inscrire aux PZero Experience il faut disposer d’un modèle éligible. Voici la liste des véhicules autorisés :

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La police était également de la partie…ou plus exactement les Carabinieri Italiens qui avaient fait le déplacement en compagnie de leur Lotus Evora S, à l’occasion des 200 ans de leurs armes. Car nos amis transalpins disposent, en plus de la Lamborghini Huracan, de 2 Lotus Evora, l’une à Rome et l’autre à Milan (celle-ci). De quoi faire des jaloux au pays des Scénic dCi rincés ! A Rome, l’Evora est utilisée principalement pour les « interceptions à haute vitesse », tandis qu’à Milan elle est plutôt utilisée pour les interventions nécessitant de la rapidité telles que les transferts d’organes.

Le tarif pour cette journée était de 645€, où 545€ pour les heureux propriétaires disposant de gommes Pirelli. A ce tarif, pas de limite de tours, le circuit est disponible « à l’infini » entre 9 h et 17 h (moins la pause repas du midi). Pour les rendez-vous suivants, l’événement sera un peu plus accessible : 395€ à Dijon et 445€ au Mans, avec toujours une remise de 100 € pour les possesseurs de Pirelli.

Ma voiture personnelle étant trop exclusive pour figurer dans la liste, j’ai donc du me rabattre sur les 3 modèles présents à l’essai cités précédemment.

Première auto à passer entre mes mains : la Jaguar F-Type coupé, en version V8 R de 550 ch. Il y a pire pour débuter !

Je prends donc les commandes pour 2 tours de découverte du circuit, pas question donc de se la jouer Chris Harris tout de suite, il faut commencer « doucement », histoire de mémoriser le circuit. Difficile de se faire un avis précis sur l’auto durant ces quelques kilomètres, néanmoins on sent immédiatement que « y’en a sous l’capot » ! La cavalerie lancée dans les longues lignes droites, la poussée est assez impressionnante (en même temps avec 550 ch le contraire eût été étonnant) et le son du V8 se montre envoutant à souhait (après celui de la Corvette C7 essayée récemment, je suis décidément gâté). 2 tours, ça passe malheureusement beaucoup, beaucoup trop vite. A peine sorti, me voilà déjà de retour aux stands, mais avec la banane ! Après ces quelques minutes à bord de la F-Type, il semble évident que l’auto dispose d’un bon potentiel sur circuit. Reste que « l’énorme » volant nuit un peu à la prise en main de l’auto, un modèle plus petit ne serait pas un luxe !

Prochaine sur la liste, l’Audi R8 et son V10 de 525 ch. 5 tours au programme cette fois ci, soit 2,5 fois plus de temps qu’avec la F-Type pour prendre son pied sur ce beau tracé. Car si « Le dimanche à Bamako, c’est le jour des mariages », le dimanche au Paul Ricard c’est le jour du gros panard. Désolé.

25 chevaux de moins, mais 2 cylindres et 2 roues motrices supplémentaires : efficacité garantie ! Malgré son relatif grand âge (elle est sortie en 2007), la R8 n’a rien perdu de sa superbe, que ce soit au niveau du style intérieur et extérieur ou question performances. Elle est taillée pour la piste, et ses limites se situent loin, très loin même. Le système quattro permet une motricité sans faille, les relances en sorties de courbe sont stratosphériques et le V10 5.2 hurle juste derrière les oreilles pour le plus grand plaisir des passagers. Ces 5 tours sont l’occasion de bien appréhender le tracé du circuit et de commencer à avoir le pied un peu plus lourd sur la pédale de droite. L’auto est équipée de PZero « classiques », dimensionnés pour un usage 90% route et 10% circuit. Il est donc possible de rouler tous les jours avec ces gommes et de se faire plaisir de temps en temps sur piste. Ceci étant, les gentlemen drivers les plus exigeants les trouveront vite assez limités pour « claquer un temps », ils devront alors se tourner vers les gammes supérieures, à savoir les PZero Corsa ou Trofeo R.

Une fois ces 5 tours bouclés, l’occasion est venue de retrouver l’Alfa Romeo 4C, 2 (longs) mois après l’avoir lâchement abandonnée sur le circuit de Nogaro.

On descend en gamme, certes, mais les sensations au volant de cette dernière restent exceptionnelles, surtout ici sur circuit. L’échappement sport fait toujours son petit effet, la direction non-assistée fait remonter dans le volant une foultitude d’informations et l’auto reste un vrai régal à mener. Attention toutefois à ne pas vouloir trop en faire (pas évident en sortant d’une R8 !), une sortie de courbe en étant un peu trop optimiste sur les gaz lors du changement d’appuis et c’est la toupie assurée (testé et approuvé, mais sans aucun plat sur les pneus : l’honneur est sauf, ou presque…). Là encore, seulement 2 petits tours et puis s’en va, mais je suis toujours autant sous le charme de la belle italienne (l’appel aux dons est toujours ouvert).

Le clou de la journée vient avec l’essai de l’Audi R8 (encore elle !), cette fois ci dans sa version V8 mais équipée des PZero Trofeo R, pneumatiques conçus pour un usage quasi exclusivement piste, mais homologués sur route.

Ce sont des gommes ultra tendres, semi slicks (à la limite légale autorisée au niveau du nombre de rainures), qui transfigurent totalement le comportement de l’auto sur laquelle elles sont montées. On ressent immédiatement la différence de comportement par rapport au PZero standard : la différence de grip est assez sidérante, à tel point que lorsque l’instructeur dit « vas-y à fond ici ! », on hésite un petit moment avant de se lancer, mais effectivement, ça passe ! Le freinage ainsi que la motricité à l’accélération ne sont pas en reste non plus… Voici une vidéo montrant les 2 tours réalisés avec ces pneus :

N’étant pas un pilote professionnel, j’étais bien entendu à des années-lumière des performances maximales atteignables, mais les vitesses de passage dans les virages m’ont tout de même déjà parues plutôt impressionnantes, je n’ose imaginer ce que ça peut donner lorsque l’auto est poussée dans ses derniers retranchements ! Très clairement, j’ai tourné beaucoup plus vite avec la R8 V8 montée en Trofeo R qu’avec la version V10 et ses PZero de série qui, comparativement, sacrifient énormément les capacités de l’auto au profit de la polyvalence. De quoi démontrer encore une fois que s’équiper de bons pneus pour une sortie circuit ne peut qu’augmenter les performances et le plaisir de conduite ! Il faut bien sûr disposer d’un budget conséquent, car rouler au quotidien en semi-slicks peut se révéler acrobatique sur sol mouillé, mieux vaut donc disposer d’un train classique et d’un autre dédié à la piste. De plus, le fait que la gomme soit ultra tendre rend l’usure plutôt rapide.

Pour terminer, voici une galerie d’images rien que pour vos yeux :

Vous l’aurez compris, ce dimanche placé sous le signe du pneumatique est passé bien trop vite, mais fut extrêmement intéressant !

Merci à Pirelli pour cette belle journée riche en sensations !

Crédits photos / vidéo : Romain Bresadola pour blogautomobile.fr