C’était il y a moins d’un an, durant l’été 2011, Philippe Varin le disait haut et fort :” Je l’assure la fermeture du site d’Aulnay n’est pas d’actualité”, 10 mois plus tard les choses ont bien changé.

Ce matin ils étaient des centaines de salariés de tous les sites  rassemblés devant le siège parisien de l’entreprise pour le maintien de leur emploi, alors qu’en qu’en Comité Européen de Groupe, le président du directoire du constructeur automobile, Philippe Varin confirmait qu’il convoquerait dans les tous prochains jours c’est à dire durant le mois de juillet, un comité central d’entreprise (CCE) exceptionnel. Philippe Varin a annoncé ce jour que les mesures d’économies déjà mises en place pour redresser la situation financière du groupe ne seraient pas suffisantes et que “des mesures complémentaires seront nécessaires”. Le constructeur automobile français a déjà lancé un programme d’économies qu’il a durci à plusieurs reprises. Ainsi après avoir lancé en 2009 le “plan de performance” qui doit permettre d’épargner 3,7 milliards d’euros, Philippe avait présenté en octobre 2011 un package supplémentaire d’économies pour une valeur de 800 millions d’euros rien que pour 2012 et cela s’est traduit essentiellement par des suppressions de postes et quelques ventes de biens fonciers et d’actifs.

À présent, PSA veut atteindre au moins un milliard d’euros d’économies au lieu des 800 millions d’annoncés. Il va ainsi vendre de nouveaux actifs et ouvrir définitivement le capital de Gefco qu’il contrôle, cette nouvelle opération financière  est annoncée pour un rapport d’environ 1,5 milliard d’euros dans les prochains mois.

Et désormais c’est clairement le site d’Aulnay sous bois et ses 3000 salariés qui sont clairement menacés par le plan Varin qui visent à faire des coupes partout où cela est possible à faire rapidement. Le site industriel est sur la voie de la fermeture et l’annonce de sa fin sera probablement faite lors du Comité Central d’Entreprise de juillet prochain qui promet d’être méchamment houleux mais aussi à grand risque pour le PDG de PSA et de son équipe. Cette usine qui produit la Citroën C3, devrait a priori arrêter sa production en 2014. Le constructeur est en très grave crise et il doit faire face à de fortes surcapacités de production qui sont de l’ordre  de 25% dans les petits modèles comme le reconnaissent maintenant des dirigeants du groupe qui préfèrent rester anonymes. Les usines de Rennes (Bretagne) , Madrid (Espagne) et Sevelnord (Nord) sont elles aussi menacées à moyen terme. Pour revenir au cas d’Aulnay sous bois, les syndicats viennent d’annoncer que le site de Poissy va voir dès le mois de septembre prochain, sa production de 208 réduite de 32.5% (de 52 voitures/heure à 35 voitures/heure), non pas à cause d’une baisse de la demande, bien au contraire puisque les ventes sont heureusement au beaux fixe mais parce l’on travaille à la modification des chaines de production pour libérer de la place à la fabrication des Citroën C3. Et la CGT d’ajouter : “Avec de telles modifications des structures de production tous les éléments sont maintenant réunis pour l’annonce fin juillet d’une fermeture d’Aulnay”. Cela sera fait sans aucun doute lors de la présentation des mauvais résultats du premier semestre 2012 le 25 juillet.

Et comme pour enfoncer le clou et faire encore plus mal à ceux qui vont se retrouver en difficulté, les analystes des banques sont entrés dans la ronde ce jeudi et ceux du groupe CM-CIC disent même s’attendre à des chiffres catastrophiques et de rappeler que le constructeur perd actuellement en moyenne 1 milliard d’euros de cash par semestre !

Tout cela laisse présager de lendemains difficiles pour le groupes industriel français car les perspectives pour le second semestre 2012 ne sont pas meilleures que pour le premier tout comme les extrapolations pour l’année 2013. J’ajouterais même que certains analystes “patentés ou pas” (y’a de tout dans ce monde des économistes-financiers-prédicateurs-vendeurs d’études et de conseils onéreux) en ont remis une belle couche en annonçant une sortie de crise entre 2017 et 2020… si si !

Via LeFigaro, LaTribune, LesEchos, AFP, MonAulmay.com, LaCagouilleEnchainée