Essai Audi Q4 Sportback e-tron 50 quattro : SUV coupé pas si décalé

Près d’un an après l’essai du Q4 e-tron sur les terres bretonnes, nous voici de retour derrière le volant de celui-ci, cette fois en version Sportback. Si notre star du jour a l’avantage d’allier 3 des attributs les plus en vogue du moment (entendez par là : SUV, électrique et coupé), nous verrons que cette déclinaison n’apporte rien d’autre qu’un choix de carrosserie à la mode pour ravir une clientèle toujours plus large pour ce type de véhicule, dont certains clients d’Audi thermiques qui sait ? Essai d’un des fers de lance de la stratégie d’électrification de la marque aux anneaux.

Rappel contextuel

Afin de poser les bases de cet essai, nous nous attacherons à aborder deux éléments essentiels et indissociables : la voiture et l’environnement dans lequel l’essai s’est effectué. Premièrement, quelques petits rappels concernant l’auto qui nous occupe aujourd’hui : l’Audi Q4 Sportback e-tron.

Genève 2019 : Audi présente le Q4 e-tron concept, un SUV de taille moyenne 100% électrique proposant une autonomie jusqu’à 450 Km et des performances dignes d’une voiture marquée des 4 anneaux. Face à l’engouement rencontré lors de sa présentation, le constructeur d’Ingolstadt s’est efforcé de conserver au mieux les lignes du concept-car pour déboucher sur la version de série que vous connaissez, déjà essayée sur ces pages en 2021 avec déjà la promesse d’une version “coupé” dite Sportback qui devait rejoindre les concessions en fin d’année. C’est chose faite puisque plusieurs dizaines de Q4 Sportback e-tron sillonnent déjà les routes de l’hexagone. Audi France nous a même donné quelques chiffres éloquents puisque déjà 397 exemplaires exactement ont été vendus au 30 mai 2022 et 745 commandés pour un objectif annuel de 1400 (on parle ici uniquement de la version “Sportback”).

Pour ce qui est de notre terrain de jeu pour cet essai, Audi France a jugé bon de nous proposer un court séjour en Norvège, véritable pionnier européen de la voiture électrique puisque près de 65% des ventes de véhicules neufs en 2021 étaient des voitures 100% électriques, soit un bon de plus de 10% en 1 an ! En comptant les hybrides rechargeables, la part de véhicules “électrifiés” atteint les 85%. Les raisons d’un tel succès ? Tout d’abord, un avantage économique ! Nombreuses sont les aides gouvernementales permettant de réduire considérablement le coût d’utilisation d’un véhicule 100% électrique notamment à travers des réductions importantes sur les coûts routiers habituels (ferries, péages, stationnement) ou bien encore plusieurs solutions de recharge totalement gratuites. D’autre part, la Norvège est l’un des pays anticipant le plus l’interdiction totale de vente de voitures 100% thermiques avec un objectif affiché à 2025 qui pourrait même d’ailleurs être anticipé ! En découle un top 10 des ventes de voitures particulières toutes confondues composé à 90% d’électriques l’année dernière, avec tout de même le Toyota Rav4 hybride-rechargeable venant jouer les troubles-fête en s’adjudant la 2ème place du même classement. Exemple criant : en seulement 2 jours passés sur place, j’ai dû croiser une bonne cinquantaine d’Audi e-tron (essais à retrouver ici et ici) et pour cause, il grimpe quant à lui à la 9ème place du top 10 (4620 exemplaires écoulés). À rappeler tout de même que le prix de départ d’un tel joujou en France est de … 78 800 € ! À rappeler également que le niveau de vie en Norvège n’est en rien comparable avec celui en France.

Un dernier rappel sur la gamme qui voit arriver un niveau intermédiaire de motorisation (la version 45) :

  • 35 Sportback e-tron (170ch, associé à une batterie de 52 kWh, autonomie 343 km WLTP selon options)
  • 40 Sportback e-tron (204 ch, associé à une batterie de 77 kWh, autonomie 517 km WLTP selon options)
  • 45 Sportback e-tron quattro (265 ch répartis sur deux moteurs, associé à une batterie de 77 kWh, autonomie de 486 km WLTP selon options)
  • 50 Sportback e-tron quattro (299 ch répartis sur deux moteurs, associé à une batterie de 77 kWh, autonomie 480 km WLTP selon options)

Les niveaux de finitions demeurent inchangés avec dans l’ordre : Q4 e-tron, Executive, Design Luxe, S-Line. Notre modèle d’essai quant à lui est configuré dans son édition de lancement “Edition One” désormais indisponible à la vente.

Design

Maintenant les rappels contextuels effectués, attardons nous sur le design extérieur de notre beau bébé (4,59 mètres de long tout de même). On retrouve bien évidemment la fameuse silhouette d’un SUV Coupé désormais largement adoptée par bon nombre de constructeurs automobiles (silhouette inaugurée par BMW avec le X6, rendons à César ce qui appartient à César). La lunette arrière plongeante est entrecoupée d’un épais spoiler couleur carrosserie qui découpe la vitre en deux et trône en plein milieu de votre rétroviseur central à la manière d’une Toyota Prius ou d’une Honda Civic de 10ème génération (côté visibilité, on a vu mieux). À noter qu’avec ce type de carrosserie, il est impossible d’équiper votre Q4 Sportback e-tron de barres de toit. En résulte tout de même un Cx à l’avantage de la version Sportback avec un score très honorable de 0,26 contre 0,28 pour la version SUV. À l’avant, on retrouve évidemment la signature lumineuse numérique configurable (4 affichages possibles) ainsi que la calandre singleframe pleine spécifique. Notre version d’essai est équipée du “black pack” qui se traduit à travers le contour de calandre, la lame S-Line peinte, l’entourage de vitres, les coques de rétroviseurs ainsi que les enjoliveurs de bas de caisses. On retrouve comme configuration spécifique à notre Edition One des jantes spécifiques de 21 pouces peintes en bronze et une teinte extérieure Gris Typhon.

Habitacle et technologies embarquées

À l’intérieur, tout est rigoureusement identique à la version SUV du Q4 e-tron sauf peut-être la garde au toit à l’arrière qu’il ne m’a pas été donné de tester pour vous. On retrouve le fameux volant à double-méplat, l’écran central de 11,6 pouces et le tableau de bord 100% numérique de 10,25 pouces personnalisable dans tous les sens. Je vous conseille une fois de plus de trouver votre configuration idéale à l’arrêt tant les possibilités semblent nombreuses. Il est secondé par un affichage tête haute à réalité augmentée qui contrairement aux arguments d’Audi (pardonnez moi chers amis du service presse) n’apporte à mes yeux pas grand chose. L’espace libéré sous la console centrale aérienne est appréciable. On se sent globalement bien à bord du Q4 Sportback e-tron, silence de l’électrique aidant, mais j’ai toujours du mal à accepter qu’il y ait autant de plastiques durs à bord. Entendons-nous, le fait qu’ils soient durs ne me dérange pas en soit, je ne suis pas du genre à caresser le moindre mm2 de l’habitacle. Je parle en revanche de l’aspect (qualité perçue), c’est à dire celle que l’on perçoit à l’oeil entre autres qui ne semble vraiment pas au rendez-vous. Pour un véhicule affiché à 87 920 € (options comprises), ça fait vraiment tache. Mention spéciale toutefois à l’excellent système audio Sonos comprenant 10 haut-parleurs intégrés que j’ai eu plaisir à retrouver et qui rappelons-le a été inauguré sur le Q4 e-tron.

Sur la route

Permettez moi avant tout un petit aparté pour vanter le bonheur absolu d’avoir expérimenté la conduite en Norvège. 2 jours durant, je n’ai pas expérimenté en ville comme sur le réseau se conduire un seul coup de klaxon, un seul refus de priorité, un seul passage en force. La fée électricité apaiserait-elle les moeurs ? J’en suis désormais convaincu ! C’est d’ailleurs sous les mêmes auspices que j’ai abordé la conduite en Norvège. N’en vous déplaise et ce malgré la force en présence n’étant autre qu’une version 50 quattro. Entendez par-là près de 300 bourrins à disposition (299 pour être exact), un 0 à 100 km/h abattu en à peine plus de 6 secondes et une vitesse maximale auto-limitée de 180 km/h. Il n’en faut d’ailleurs pas moins pour bousculer quelque peu les 2215 kg à vide, les premiers kilomètres au volant me rappelant immédiatement ceux effectués à bord de la version “non-coupé”. À savoir, une puissance “suffisante” à disposition mais loin tout de même d’égaler celles d’une sportive, de même que le comportement, plus pataud que dans mes souvenirs. Il faut dire que le poids des batteries abaisse considérablement le centre de gravité de toutes les voitures électriques et bien que cela joue sur le comportement global, on ne remplace pas une bonne paire de trains roulants bien pensés. Alors ne vous y méprenez pas, le Q4 Sportback e-tron est tout ce qu’il y a de plus rassurant à la conduite grâce notamment à sa transmission quattro (malheureusement assurée par une répartiteur de couple électronique entre les deux essieux et non un arbre de transmission mécanique). Parfait côté insonorisation, le confort est toutefois un peu impacté par la taille imposante des jantes. Je ne saurais que trop vous conseiller d’opter pour une taille inférieure au moins.

Le point spécifique électrique 

A l’instar de mon essai de la version 50 quattro sur le Q4 e-tron “standard” l’année dernière, ma consommation moyenne mesurée après 150 km sur le réseau secondaire norvégien s’est avérée un peu en deçà des estimations données par le constructeur allemand. Je m’en tire ainsi avec une superbe moyenne de 18,5 kWh / 100 km (soit 0,1 de plus que lors de mon essai précédent sur la version SUV) largement due aux conditions de roulage favorables sur les routes du pays scandinave. Théoriquement, cela nous donnerait une autonomie de 416 km, pas si mal mais c’est tout de même 15% de moins que les chiffres officiels tout en ayant roulé avec un oeuf sous la pédale et en mode “efficiency” tout du long. Si l’autonomie vient à manquer, il ne vous restera donc plus qu’à opter pour une solution de recharge et Audi soigne plutôt sa copie sur ce plan là. En effet, le Q4 Sportback e-tron accepte une puissance de charge en courant continu jusqu’à 135 kW, contre 125 précédemment, le millésime 2022 des Q4 autorisant 10 kW de plus, une mise à jour “Over The Air” des modèles en circulation est prévue sans aucune indication données par Audi de gratuité ou non. Cela se traduit par un passage de 5 à 80% d’autonomie en seulement 30 min à pleine puissance. La marque aux anneaux fournit également contre un abonnement une carte de recharge donnant accès à un parc européen de plus de 305 000 bornes de charge.

Coup d’oeil sur la concurrence & bilan

Du côté de la concurrence, ça bouchonne déjà ! Eh oui, les SUV électriques sont à la mode chez absolument tous les constructeurs à tel point qu’il est désormais nécessaire de bien distinguer les différents segments B, C et D déjà très fournis. Du côté des cousins, l’Enyaq (chez Skoda) et l’ID.4 (chez Volkswagen) voient également arriver leurs déclinaisons “Coupé” respectives. Pour le moment, aucun SUV de taille identique à mettre en face du trio chez les autres constructeurs. On notera toutefois que Volvo cède lui aussi à la mode du SUV coupé à travers le C40 dérivé du XC40 et BMW et Mercedes ne devraient sans doute pas tarder non plus à fourbir leurs armes.

Que peut-on conclure de cet essai ? Pas grand chose si ce n’est que l’Audi Q4 Sportback e-tron semble mettre dans le mile en cochant toutes les cases des modes actuelles sur le marché automobile en 2022 : électrique, SUV et carrosserie profilée. Nul doute qu’il figurera sans doute dans le top 10 des ventes sur le marché norvégien cette même année, apportant une alternative moins chère (à partir de 46 750 € en déclinaison Sportback, 2000 € de plus que le Q4 e-tron) et proposant plus d’autonomie par rapport à l’Audi e-tron (qui propose d’ailleurs lui aussi une carrosserie Sportback). En France, sa diffusion risque de s’avérer plus anecdotique, le Q4 Sportback e-tron faisant payer assez cher son logo et ses différences par rapport notamment à un Skoda Enyaq on ne peut plus pertinent qui propose désormais une version RS permettant ainsi d’accéder à la motorisation la plus puissante actuellement disponible sur le Q4. Faut-il donc s’attendre à des versions S & RS pour creuser l’écart ?

Quelques chiffres

Dimensions : 4588x1865x1614
Poids à vide : 2215 kg
Volume coffre :  535L
Consommation mixte annoncée (WLTP) :   à partir de 17.5 kWh /100 kms 
Rejet CO2 moyen annoncé (WLTP) : à partir de 0 gCO2 / km 
Moteur : 2 Moteurs électriques 204 et 150 ch
Puissance max combinée : 299 ch 
Couple max : 460 Nm
Vitesse max : 180 km/h
0 à 100 km/h : 6.2 ec

Crédits Photos : Maurice Cernay

Mes plus vifs remerciements à l’équipe d’Audi France pour cette merveilleuse opportunité.

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