Skoda Octavia Scout (37)

Deux jours d’essais de la Skoda Octavia Scout dans les Alpes juliennes avec l’air de The Bourgeois Blues en tête était une évidence. L’octavia Scout est la roots bourgeoise tchèque! [Essai Skoda Octavia Scout 2,0 TDI 184 ch DSG6]

Ce combi allie subtilement le confort sans tomber dans le vulgaire bling-bling et l’esprit nomade tout-chemins en évitant l’ennuyeuse familiale monotone. Le constructeur tchèque a présenté lors du dernier salon de Genève la version Scout de la gamme Octavia. La seconde génération de la version Combi Octavia dévoilée en 2007 gagne du terrain, ce break tout-chemin répond parfaitement à la nouvelle idée du combi familiale qui ne doit pas se contenter de caler les courses et les poussettes mais se doit d’être un « outil » de liberté pour tous. Preuve en est, plus d’un amateur du combi sur 10 opte pour cette version. Skoda aurait pu tomber dans la facilité en rehaussant seulement  la garde au sol  de 33mm afin d’exploiter au maximum les 10% de part de marché de cette version de la gamme Octavia Combi et bien Non! Ce n’est pas fini comme dirait la dame.

L’Octavia Scout Roots

La ligne reprend, à quelques détails près, celle de la version Combi original. Efficace, homogène, harmonieuse dans l’ensemble, l’Octavia Scout ne m’apparaît comme un engin de guerre s’écrasant sur l’asphalte. La première impression est rassurante par son gabarit (4.68 x 2.02 x 1.53), confortable et audacieuse. Je ne m’attendais pas vraiment à autre chose, nous ne sommes pas en phase de restylage mais dans une suite logique de la gamme qui marque un tournant face aux à-priori du constructeur tchèque.

Cette version propose des protections spécifiques tels que les pare-chocs avant, les sabots de protections arrières en aspect aluminium, des protections supplémentaires latérales de carrosserie, des rampes de pavillon noires ainsi que des rétroviseurs extérieurs argentés, l’encadrement des vitres chromé (en option) et des jantes en 17 pouces et des pneus ContiSportContact 3 renforcés. Voilà ce qui en est des modifications spécifiques extérieurs pour l’Octavia Scout. L’aspect aventurier de ce modèle est frappé au coin du bon sens. Clairement, Skoda a les moyens de faire face à ses concurrentes telles que la Volvo XC70 ou l’Opel Insignia Country Tourer.

Par honnêteté j’avoue tout, j’apprécie particulièrement le constructeur Skoda, ses propositions sont bien souvent efficaces, élégantes, en deçà d’Audi mais très largement égal à VW depuis l’utilisation de la plateforme MQB. On retrouve sur la Skoda la transmission intégrale semi-permanente à coupleur Haldex 5 avec blocage électronique de différentiel qui régule le renvoi du couple vers le train arrière en fonction des conditions du terrain. J’ai pu constater un transfert rapide et efficace lorsque j’étais sur des chemins parfois difficiles ou la consistance changeantes. Rarissime en série sur ce type de modèle pour être largement souligné. Aux dernières infos la C5 CrossTourer n’en propose même pas en option comme l’Opel… Chapeau bas!

Attention, je ne vous parle pas d’une 4 roues motrices permanentes, incompatible avec la plateforme du MQB de toutes les façons. Le système 4×4 est automatisé suivant le terrain, cependant il n’y a pas d’aide à la descente, ce n’est pas un 4×4 voilà tout. Bref, l’analyse du terrain de jeu doit être bien faite si vous ne voulez pas vous retrouver avec les sabots à terre. Pour m’être aventurée dans un chemin de forêt off-road « Mais qu’est-ce que tu fais là… ce n’est pas un 4×4… Mais pourquoi tu as eu cette idée », un grand moment de solitude m’a envahi. Je me suis avancée, avancée et encore avancée car je n’avais aucun moyen de faire demi tour (ce n’est pas que, mais l’Octavia Scout est longue). Des jolies flaques d’eau, de la boue à gogo, un terrain très joueur, glissant à souhaits, plus de réseau téléphonique, je me suis mise en mode raideuse 4×4 et en avant Simone! Tout en douceur, l’Octavia Scout a fait un très bon boulot avec ses 184 ch tout en se pliant à mes ordres. Les trajectoires visées étaient respectées  en glissade et en devers, même si je devais m’y reprendre à deux fois, la grimpette forestière ne lui fait pas peur, la caméra de recul me fut très utile également. Et oui, l’Octavia Scout est haute mais pas suffisamment! Pas évident de voir les troncs cassés ou les très larges pierres. J’achète! comme dirait l’homme généreux. Sans crainte, je pars en Haute-Loire avec mon fils chercher les champignons avec ce modèle! J’ai été bluffée, l’aspect scout était pour moi plus un artifice marketing que réel… Ventre à terre, Mea Culpa!

Même au volant de la Superb ou comme ici, de l’Octavia Scout, je n’ai jamais essuyé des regards « rageurs » (souvent féminins, ce que j’ai vécu au volant de la R8… ce n’est pas le même segment, ok !). Loin des clichés « montres-moi ta voiture, je te dirais qui tu es (quoique) » et encore plus loin de « montres-moi ta voiture je te dirais ton crédit bancaire (enfin, quand même un peu) »… L’air de rien, sans crissement de pneu, watts en sourdine, sans lunette mouche Versace, les lignes Skoda se suffisent à elles-mêmes pour s’imposer. Avoir l’élégance naturellement sans besoin de maquillage outrancier n’est pas donné à toutes.

Cela fait (déjà!) un an qu’Arnaud avait fait un Paris-Bruxelles avec l‘Octavia Combi RS TSI. De mon côté j’avais essayé la RS berline TDI 184ch DSG …autrement dit le même moteur que le combi Scout sans l’amplificateur de sonorité. J’avoue que j’ai réalisé cela sur le trajet du retour dans le train en examinant de plus près le dossier presse. Elle abat le 0 à 100 km/h en 7,8 secondes, plus performante que ses concurrentes citées plus haut. Ce moteur consomme 5,1 litres/100 km (mixte) et émet 134 g de CO2/km. Le couple maximum de 380 Nm est atteint entre 1 750 et 3 250tr/min. La voiture affiche alors une vitesse maximum de 219 km/h, peu essentielle il est vrai mais cela a été vérifié et validé (sur parcours fermé).
L’Octavia Scout attaque les virages sans surprise. Enfin, je vous dis cela maintenant, alors pourquoi, lorsque j’étais au volant je n’ai pas fait le lien en la conduisant même lors des « micros » attaques en chemins de traverses? Peut-être, parce que tout simplement, on ressent bien moins la sportivité de ce modèle. Voilà, c’est dit. Mais finalement, est-ce cela que l’on recherche sur la Scout? Moi, non. Avec ses 150kg de plus que la RS Combi, sa hauteur supplémentaire, nous avons bien moins d’aérodynamisme de toutes évidences. Puis, si elle s’était prétendue ne serait-ce qu’une seconde, sportive, nous serions allés sur un circuit… alors qu’en Slovénie, nous avons plutôt admiré les lacets pavés des Alpes, des restes de la suprématie russe, des sous bois et des pistes traversant la très généreuse forêt de sapins. C’est à ce moment précis que les amortisseurs allaient se dévoiler. J’attendais les à coups, les secousses, j’attendais toujours, et toujours rien. Les aspérités, les défauts sont bien filtrés, le confort de conduite est excellent et tout proche de la version normale. La fragilité de mon épaule était sans appel à ce moment là. Ben… rien ! J’ai gardé la mobilité du bras sans douleur, ce qui n’est pas le cas avec ma voiture personnelle (une dure à cuire et une rude à la tache pourtant !)

Le niveau de confort et les réactions de l’Octavia Scout sont proches à 99% de l’Octavia Combi. Une direction très fine, parfois légère, l’Octavia Scout est assez neutre, répond efficacement à l’anticipation des trajectoires en mode routière comme en tout-chemins où la conduite est bien plus sensitive. Toutefois, l’Octavia Scout peut quelque fois chasser de l’arrière mais très rapidement réguler et corriger par les systèmes Adaptive Line Assist. L’autre petit bémol reste l’insonorisation du diesel pas franchement discret sans pour autant le comparer à un tracteur.

L’Octavia Scout Bourgeoise

A bord, l’Octavia Scout reste encore ici très similaire à l’Octavia Combi. Skoda différencie la version Scout par la sellerie alcantara/cuir marron. A noter, la sellerie de série est en tissu noir, tableau de bord noir/ marron, il vous faut donc compter un supplément pour l’alcantara. Le tableau de bord reste sobre, certains le disent austère, moi pas hors mis un manque de luminosité. Aujourd’hui, si un tableau de bord ne ressemble pas à celui d’un avion, il est jugé de rustre voire de monacale. Je suis plutôt de la politique qualitative que quantitative, tout ce dont j’ai besoin pour la conduite est présent : Bluetooth, l’écran de contrôle centrale de l’ordinateur, climatisation bi-zone, USB, EPS, ESC. Un détail que j’ai vraiment apprécié, est la prise 230V au centre des sièges avants, ultra-utile pour les longs voyages ou comme moi, en réalisant que j’avais oublié mon chargeur usb de mon portable, j’ai pu charger directement sur secteur.

Question habitabilité, nous sommes chez Skoda, le constructeur proposant la gamme la plus spacieuse. A nouveau, l’Octavia Scout ne me fera pas mentir. Les places arrières sont spacieuses, l’espace aux jambes est très confortable (73mm), j’ai pu m’y installer sans problème et sans même avoir besoin d’avancer le siège avant (pour info mon mètre de jambes est une plaie dans les petites autos) du pareil au même du côté de la garde au toit (à l’avant : 983 mm ; à l’arrière : 995 mm), je n’ai pas la sensation d’être dans une boîte de sardine. L’assise est bonne, je préfère tout de même celle de la Superb.

La force de l’Octavia Scout est indéniablement la soute. 610 dm3  est la taille du volume du coffre, en rabattant la banquette arrière en s’aidant de la trappe, on passe à 1.740 m3, un volume qui permet aisément d’y poser deux vélos!. L’ouverture du coffre atteint 1 070 m mais un seuil de chargement moindre à la version combi puisque l’Octavia Scout affiche une hauteur de 667 mm. Skoda a pensé également à une trappe afin d’y caler des skis, l’Octavia Scout est affinée pour l’esprit aventurier en famille dans les moindres détails.

 

Tarifs et équipement de série Skoda Octavia Scout [essai 2.0 TDI 184ch DSG6 4×4]Tarif Octavia ScoutOctavia Scout équipement

Quand la tchèque devient une allemande pas à pas

Si Skoda continue sur cette lancée, le cliché de la voiture low-cost tchèque ira directement aux oubliettes pour (presque) devenir une allemande sous toutes ses formes. Nous pourrions nous poser la question « Mais que reste-t-il concrétement à ses cousines? ». En comparaison, l’Audi A4 Allroad Quattro 2.0 TDI 190 DPF Clean Diesel Ambiente 5 portes est proposé à partir de 43 440€ (ajoutez 3000€ pour l’alcantara et la prise 230V), soit environs 10 000€ de plus que l’Octavia Scout. En surfant sur le net, j’ai déjà trouvé le modèle neuf de série Octavia Scout à 27 922€. La version Scout est plus onéreuse que la version Combi, ceci étant dit, l’Octavia Scout est jusqu’au boutiste dans son idée de baroudeuse, qui prend tout son sens après l’essai.

Skoda Octavia Scout (53)Crédit photos : France Dholander pour Blogautomobile

Un merci très chaleureux à toute l’équipe Skoda France (Xavier, Clément et Philippe) pour cet agréable essai et séjour en Slovénie.