essai-citroen-c4-cactus-2016-photo-70Après un essai orienté luxe avec la Lexus RC 300h je me retrouve à bord d’une voiture beaucoup plus destinée au grand public. Avec ses 82 000 exemplaires vendus en 2015, ce Citroën C4 Cactus m’a pourtant rempli de plaisir tout au long de ce week-end d’essai. Alors pour quelles raisons ? Explications dans cet article !

Le Cactus a été vu sur internet en long, en large et en travers même sur blogautomobile ici ou . Il n’est donc pas question de tout revoir en détail. Mais une caractéristique majeure, véritablement réclamée par les clients a été ajoutée : la banquette modulable. Et entretemps quelques nouveautés se sont greffées côté motorisations, mais malheureusement pas la nouvelle boîte automatique EAT6. Il était donc temps de faire une piqûre de rappel, et puis il nous fallait bien un peu de couleur dans ce monde de voitures grises, blanches ou noires…

J’ai donc pris en main il y a quelques semaines un C4 Cactus BlueHDi 100 ETG6 jaune et blanc, sympa non ? En tout cas pour moi il n’y a pas photo, j’adore ! Mais attention, je suis un vendu, malgré les débats depuis la présentation de la voiture j’adore pleinement ce style décalé et totalement nouveau. Pourtant si on regarde dans le détail : sur le C4 Picasso je déteste la fine bande de LED à l’avant, les Airbump peuvent paraître disgracieux, et l’arrière demanderait un peu plus de folie. Mais l’ensemble donne au final un très bon résultat, et c’est là l’essentiel. Puis visiblement je ne suis pas le seul à aimer : avec plus de 100 000 exemplaires vendus depuis son lancement en 2014, c’est un succès pour ce genre d’engin atypique.

Pour vraiment aller au bout des choses il ne faut pas hésiter à se lâcher concernant  la configuration. Et selon moi, il n’y a pas mieux que ce jaune « Hello Yellow » accompagné de rétros/barres de toit blancs et bien sûr ces jantes CROSS bi-ton de 17″. Je ne sais pas vraiment comment expliquer cela mais à chaque fois que je la regardais, franchement j’avais la sensation d’avoir une voiture classe [je sais que je vais en choquer certains…]. Elle a une véritable gueule, et est vraiment jolie. Une sorte de caisse de surfeur, je me serais bien vu cruiser sur la côte ouest des États-Unis avec mes planches sur le toit – bon ok je ne sais pas surfer, mais quand même – Et puis entre nous, elle parait imposante comme ça, mais en fait on ferait pâle figure de l’autre côté de l’Atlantique avec ses 4157 mm de long et 1530 mm de haut. Même pas plus imposant qu’un Peugeot 2008 ou un Renault Captur. Puis d’ailleurs en y réfléchissant un peu, je ne suis pas complètement fou : une édition limitée RipCurl est proposée à la vente depuis le salon de Genève.

Pour rester dans le sujet, la couleur à totalement oublier est le blanc, surtout si à la base vous n’aimez pas du tout les Airbump. Si c’est le cas dirigez-vous alors vers le noir ou un beau gris, cela pourra aussi faire son effet. Pour plus de fun, c’est le jaune évidemment qu’il faut privilégier, mais forcément c’est tape à l’œil. Les enfants ne resteront pas insensibles en se retournant sans cesse, et on vous prendra même en photo ! Sinon pour rester un peu plus discret tout en se lâchant quand même, si je devais signer le chèque, je me dirigerais vers le « Rouge Aden » sans hésiter, une très belle teinte qui n’en fait pas de trop.

Et regardez je suis sympa, pour vous permettre de foncer direct chez votre concessionnaire dès la fin de l’article, je vous ai préparé quelques configurations à choisir les yeux fermées ou à ne surtout pas faire.  Passez la souris sur la photo pour voir apparaître quelques indications.

Et une petite video de présentation ! Montez à bord du #Cactus BlueHDI 100 @citroen @citroenfrance

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Citroën C4 CactusUne fois choisie votre livrée extérieure il faut s’attaquer aux choix intérieurs. Et là aussi on retrouve encore un peu de folie et d’originalité, de quoi une nouvelle fois se lâcher. Dès qu’on monte à bord on est agréablement surpris par un poste de conduite qui ne semble ni trop haut ni trop bas, un bon compromis. Et la surprise continue quant à la qualité perçue de l’ensemble. Les finitions sont très bonnes et les plastiques de bonnes factures. Ils semblent résister aux rayures de la vie quotidienne. J’en suis moins certain concernant la matière du tableau de bord, qu’il ne faudra sûrement pas trop manipuler, pourtant très jolie et agréable au toucher.

Différents essais tout au long de la vie de la voiture nous permettent de vous montrer diverses configurations ou options. C’est le cas ici notamment pour l’intérieur, avec la présence de sièges en cuir très confortables et vous permettant de bénéficier de sièges chauffants plus que bienvenus pendant de nombreux mois de l’année.

Le petit détail qui tue !

Le petit détail qui tue !

Même si bon nombre d’entre vous sont probablement au courant, il est nécessaire de rappeler que les fenêtres arrières sont tout simplement à « entrebâillement » : gain de poids et rangements importants dans les portes au programme. A noter également pour vous mesdames : pas de miroir de courtoisie dans le pare-soleil passager, mais c’est pour votre sécurité. Pour permettre une ouverture de la boite à gant vers le haut il a fallu délocaliser l’airbag au-dessus de votre tête. Vous imaginez bien qu’en cas de déclenchement, une destruction du miroir ne serait pas la bienvenue…

En termes d’habitabilité on est plutôt bien servi. Il y a de la place pour chaque passager, hormis la place centrale arrière qui est comme souvent une place d’appoint. S’ils ne sont que deux, vos passagers arrières ne se sentiront alors pas étriqués et pourront s’installer confortablement, y compris pour les jambes. Seule l’assise semble peut-être un peu trop molle, mais je n’ai pas fait assez de km pour l’affirmer. En plus, un énorme toit panoramique (en option à 600€) agrandit considérablement la sensation d’espace à l’arrière.

En roulant j’ai quand même relevé quelques soucis notamment au sujet de l’écran tactile 7″. Mon vieil iPod Classic par exemple n’était pas détecté et m’a créé à chaque essai de grosses lenteurs. Ce système entièrement tactile, avec totale disparition des boutons n’est pour moi pas encore au point. Je ne vais pas tout re-décrire mais cela confirme mon ressenti durant l’essai de la 308 GT qui propose le même écran. Les touches de raccourci sont trop petites et on passe notre temps à jongler entre les diverses fonctionnalités principales : Radio/Son, Ventilation ou GPS.

Par contre, Limiteur/Régulateur de vitesse sur le volant : ça j'adore , merci !

Par contre, Limiteur/Régulateur de vitesse sur le volant : ça j’adore, merci !

Pour faire oublier ces lacunes, vous pouvez avec ce modèle bénéficier de quelques options dignes de voitures de luxe. A l’image du Park Assist – vous savez, la voiture qui se gare (presque) toute seule – facturé 950 euros sur mon modèle d’essai (avec caméra et radars de recul). Ça fait le job hein, mais peut-être moins que d’autres véhicules que j’ai eu entre les mains.  J’ai en fait parfois eu quelques difficultés à l’activer et il semble y avoir une petite lenteur de calcul avant de pouvoir se lancer. Mais une fois bien en marche on se gare ou on ressort de notre place facilement.

Bon parlons enfin de la nouveauté, vous l’attendiez, la voici finalement : la banquette arrière rabattable 2/3 – 1/3. Pour gagner en poids et en coût, la marque avait choisi une banquette monobloc. Mais sous la pression des clients voici maintenant cette banquette plus pratique. Disponible de série dès la finition Feel et en option à 100 € sur la finition Live. Rabattre les sièges vous permettra d’obtenir un volume de coffre de 1170 l. Et 358 l avec les sièges en place, un bon score, malgré un seuil de chargement un peu trop haut.

Il est temps de mettre le contact et voir ce qu’une telle voiture donne sur la route. J’appuie sur le petit bouton « D » du système Easy Push (très simple d’utilisation soit dit en passant) et j’enfonce progressivement la pédale de droite. Premier démarrage, gros creux, c’est le choc, le passage de vitesse automatisé est horrible. Le deuxième rapport est tout d’abord enclenché bien trop tard et un important à-coup se fait ressentir, comme si la voiture allait s’arrêter nette. Mais avant de continuer il est important de rappeler que l’ETG6, n’est pas une boite automatique habituelle, c’est une boite manuelle robotisée. En d’autres termes les passages de vitesses se font comme sur une BVM normale mais sans intervention de l’homme, c’est l’électronique qui gère. Il y a donc forcément moins de rapidité, moins de fluidité et des à-coups se font ressentir. L’ETG6 est alors faite pour une conduite souple et douce. A force de kilomètres j’ai donc cherché quelques méthodes pour améliorer le confort. Pour cela, il vous faudra prendre l’habitude d’anticiper le passage des rapports soit en lâchant l’accélérateur, soit en passant vous-même le rapport par anticipation. Les palettes sont donc très bien venues dans cette auto. Ceci vous évitera les « creux » en accélération. Autre solution que j’ai testé, vous pouvez démarrer en deuxième : un peu plus lent à décoller mais le départ se fera avec moins de secousses et dans le calme (bon, pas sûr que ce soit une bonne opération pour la consommation…).

Citroën C4 CactusJe n’en ai pas fini avec cette boîte de vitesse : lors d’une grosse accélération ce problème disparaît. Et étonnement un 0 à 100 km/h  « à fond » sur la pédale se fera plutôt bien : c’est même une très bonne surprise (11,2s). Le seul souci c’est qu’il n’y a pas de compromis entre les deux, ce fameux creux que l’on ressent à chaque passage de vitesse empêche de réaliser des accélérations franches sans pour autant écraser l’accélérateur et vider son plein. Mais il est certain qu’en cas de besoin ce moteur saura vous proposer de très bonnes relances et des dépassements en toute sérénité.

Une fois passé cette surprise, le C4 Cactus n’est pas une voiture low-cost, et cela se ressent sur sa tenue de route qui est irréprochable. La direction est précise et la prise de roulis contenue. Même le freinage est vraiment mordant. On avale les kilomètres avec grand plaisir à son volant, tellement le confort est omniprésent. En bonus, on peut même prendre du plaisir à son volant sur de jolies petites routes, grâce à un poids maîtrisé (moins d’une tonne dans certains cas), le crossover fait preuve d’un dynamisme surprenant.

Il n’est pas toujours simple sur quelques jours de tester une voiture dans toutes les conditions météo, bien que ces derniers temps ce fut malheureusement assez facile près de chez moi. Le comportement sous la pluie est sain, sans dévier de sa trajectoire lors d’un virage ; je me suis toujours senti en sécurité aux commandes.

L’insonorisation à bord n’est probablement pas le point fort de ce véhicule. Même si les bruits de roulements sont discrets on est rapidement dérangé par l’air qui s’engouffre à bord sur autoroute. Le moteur est lui aussi très bruyant jusqu’en deuxième, presque l’impression d’être dans un camion : au feu rouge on remercie fortement la présence d’un Start&Stop. On entend même le mécanisme sous nos pieds lors d’un changement de rapports, amusant au premier abord mais à la longue on aimerait je pense un meilleur travail sur le bruit.

Pour un essai réussi, le sujet à ne plus manquer aujourd’hui est probablement la consommation. En 400 km j’ai alterné entre 4,5 et 6,5 l/100 km : sur plusieurs types de routes et avec différentes façon de conduire. Même si le BlueHDI 100 est annoncé pour 3,4 l/100, dans la vraie vie et en conduite normale, les 5,5 l/100 à l’année me semblent plus réalistes.

Il donne vraiment envie de s’amuser ce Citroën C4 Cactus ! 

Pour le bilan de cette voiture, le gros point négatif si je devais conseiller un proche vous l’aurez compris cela serait d’oublier la boite ETG6. Mais en fait, le véritable conseil serait plutôt de s’arranger pour réaliser un essai « longue durée » sur diverses routes. Apres tout, je suis persuadé que cela peut tout à fait convenir à un certain nombre de personnes.

Ensuite je ne peux que vous encourager à vous diriger vers un Cactus pour son originalité et les configurations très sympas qui s’offrent à vous, c’est véritablement un vent de fraicheur dans le parc automobile français et peu de gens restent insensibles lors de son passage. En plus de cela, il  vous offrira entière satisfaction en termes d’agrément, confort et même plaisir de conduite.

Restera alors le prix, qui dans certains cas sera une très bonne surprise ou dans d’autres cas un total refroidissement. Le C4 Cactus débute à 15 200 € en finition Live + PureTech 82 et monte jusqu’à 23 730 € en RipCurl et BlueHDI 100 BVM. Les options feront ensuite monter la facture, ainsi, mon modèle d’essai s’établissait à 26 410 € (jantes à 1000 €, roue de secours à 120€, Pack Navigation à 590 €, …).

Airbump VS Caddie : Test réussi !

Airbump VS Caddie : Test réussi !

A vous de jouer maintenant !

Le petit mot de la fin et en plein dans l’actualité, souvent je me posais la question de l’avenir des Airbump. Neuf brevets ont été déposés tout de même, et le temps d’écrire cet essai Citroën présentait au public la nouvelle C3. Cette troisième génération est une totale rupture avec la précédente, bénéficie de quelques gênes de Cactus, et évidemment s’habille d’Airbumps. Une réelle réussite, à l’avenir prometteur.

C3 - 47Je tiens à remercier Citroën pour ce prêt et cette configuration haute en couleur !

Bonus :

Si vous choisissez du jaune (s’il vous plaît, s’il vous plaît, s’il vous plaît) il faudra faire avec les petites bestioles, c’est un véritable aimant !

Crédit photos : Thomas D. (Fast Auto)