Essai Renault (Zoé Z.E.40 R110)

Voilà bientôt 2 ans que nous n’avions pas pris en main une Zoé. Depuis, rien a changé pour la citadine française et l’environnement automobile électrique mondial a pourtant bien évolué… Voyons alors si la Zoé peut conserver son titre de reine de l’électrique en France.

Soyons clair, je ne suis pas là pour vous refaire un état des lieux complet de l’auto mais simplement proposer mon ressenti à son volant. [Pour en savoir (beaucoup) plus, votre serviteur JB est là pour vous, ou là aussi, et ] En effet, je n’ai encore jamais eu de véhicule électrique « à la maison » et depuis mes petites prises en main des Volkswagen e-Golf et Nissan Leaf I, dans des conditions plus qu’idéales, je suis conquis par le punch à l’accélération et la vivacité de ce genre d’auto.  Il m’était donc devenu impératif d’en prendre une quelques jours en otage, la Renault Zoé semblait idéale.

On ne peut pas dire que j’ai regretté ce choix. Tout d’abord, on profite d’un feeling exemplaire au volant de cette Zoé, avec une précision de la direction irréprochable et un comportement totalement similaire à un véhicule thermique. Mais grâce ici à un impeccable silence ambiant, on entend évidemment tout ce qui se passe sous nos pieds, crissements de pneus en prime en optant pour une petite session arsouille, nous laissant faire corps avec l’auto. Et en effet, sa très bonne tenue de route permet de conserver un sentiment de plaisir à son volant.

Malheureusement, je l’ai trouvé à mon goût un peu trop suspendue, je n’arrive donc pas tellement à savoir si c’est confortable. Ce n’est pas tape cul, permettez-moi le terme, donc les douleurs lombaires ne sont pas au programme mais je me suis senti un peu trop balloté pour avoir l’impression d’être comme sur un tapis volant. Et évidemment ça se ressent sur la prise de roulis, assez prononcée. Ce qui est vachement dommage car, je le répète, on bénéficie d’un sacré bon grip permettant d’hausser le rythme et tenir la cadence qui peut être imposée par d’autres automobilistes pressés ; ah le trafic parisien…    

Alors que j’affirmais dans mon introduction que rien n’avait évolué avec la Zoé, je n’étais pas totalement dans le vrai. Depuis quelques mois, un nouveau moteur plus puissant est disponible en concession : le R110. Comme son nom l’indique, celui-ci développe… 108 ch (80 kW). En passant la barre symbolique des 100 chevaux, la Zoé devrait attirer quelques nouveaux clients et s’offre par la même occasion une polyvalence accrue grâce une vivacité plus importante en relance par exemple. Si le 0 à 50 km/h est peu impacté (3,9s), le 0 à 100 gagne quant à lui 1,8 seconde (11,4s) tout comme le 80 à 120 km/h. Sans oublier que si l’autonomie n’est pas un souci pour vous au jour le jour, le plaisir de taper dedans à chaque accélération grâce à un démarrage exceptionnel et des reprises sensationnelles n’importe quand (quand le feu repasse en vert alors que vous vous apprêtiez à vous arrêter, en montée, pour dépasser…) sera un bel argument pour l’acquisition.

Tout ça, je dois le reconnaître, c’est pour ceux qui apprécient la conduite dynamique. Pour les autres, elle est d’une douceur remarquable et on se sent bien à bord. Comme je le disais plus haut, le silence à bord est de mise, et ça c’est fabuleux pour les sorties du quotidien. On se laisse confortablement porter délicatement au milieu d’un environnement urbain très agité, elle permet juste de profiter des trajets plus sereinement.

Nouveau moteur certes, mais cette fois, c’est tout. Depuis sa présentation au Mondial de Paris en 2016, à coup de grandes affiches indiquant 400 km mais avec un réel à 300 km (de l’aveu même du PDG), la batterie de 41 kWh, et donc l’autonomie, n’ont pas évolués. Un tel chiffre d’autonomie réelle peut paraître au premier abord relativement intéressant. Pourtant il est assez nécessaire de bien calculer afin d’éviter la panne sèche, de préparer son plan de route. Ceci uniquement quand vous voudrez partir en vadrouille, car avec des trajets journaliers de moins de 50 km revendiqués par plus de 3/4 des français, la Zoé se veut être une bonne alliée. Et si en plus vous avez à la maison une voiture principale pour tous les départs en vacances ou week-end, point de stress à l’horizon. Elle aura largement de quoi réaliser tous vos petits trajets sans même avoir à passer par la case « recharge tous les jours »*. A noter aussi que l’indicateur d’autonomie semble plutôt précis afin de bien anticiper, il ne faut évidemment pas changer radicalement sa façon de conduire ou le relief de la route. Par exemple sur autoroute le chiffre fond toujours un peu plus à vue d’œil, tout comme si vous êtes du genre à abuser du chauffage et de la climatisation.

Malgré cette totale absence de changement, il sera toujours bien difficile de trouver des concurrentes. En réalité, seul le domaine du luxe s’est vu agrémenté de nombreuses nouveautés, Mercedes EQC, Audi e-tron ou Jaguar I-Pace en tête, avec des tickets d’entrée à plus de 80 000 €. Il est certes possible de tomber sur un Kia e-Niro (455 km) ou Kona Electric (449 km) aux prestations supérieures mais là aussi plus chères (+35 000 €). De fait, la Nissan Leaf se pose en plus grande adversaire avec 270 km d’autonomie et un tarif affiché dès 30 000 €.  Le tout, alors même qu’une deuxième génération de Zoé devrait pointer le bout de son nez dans les mois qui viennent, pour une commercialisation fin 2019/début 2020. Ceci pour une autonomie en cycle WLTP espérée à 500 km grâce à une batterie d’au moins 50 kWh et une recharge rapide améliorée.

Les tarifs, qui ont légèrement baissés, s’établissent de 17 200 à 20 600 € (bonus de 6000 € déduit) selon la finition choisie. A savoir, seule la finition Intense bénéficie de cette nouvelle motorisation. Les finitions City, Life et Zen peuvent être équipées des moteur R90 (Renault) ou Q90 (Continental, qui accepte une recharge à 43 kW contre 22) développant 90 ch. Attention, ces tarifs s’entendent en optant pour la location de la batterie qui débute à 69€/mois pour 7500 km/an ou par exemple 99€ avec 15 000 km. Si vous préférez opter pour l’achat de la batterie, c’est possible depuis avril 2018, il vous en coûtera 8900 € avec une garantie de 8 ans ou 160 000 km. Enfin, quelques options sont disponibles telles qu’une peinture métallisée à 540 € ou encore une sono Bose à 500 €.

Essai Renault Zoé Z.E.40 R110

Cela me mène à un point noir quand même, l’habitacle. Ce qui est dommage, c’est qu’à ce prix, on peut normalement bénéficier de prestations intérieures et technologiques supérieures à ce que propose cette Zoé. On peut particulièrement être vite déçu par un dessin de planche de bord trop minimaliste mais surtout la présence trop prononcée de plastique dur et disgracieux. Les finitions pourraient également mériter une meilleure attention. Et on se demande aussi où est passé l’Apple CarPlay ?!

Par contre, les sièges sont très confortables et moelleux, on regrettera cependant la garde au toit pour des adultes à l’arrière un peu faible – sans pour autant supporter une sensation d’étouffement – et une absence de modularité avec une banquette non coulissante et rabattable en un seul bloc. Enfin, le volume de coffre est honorable avec 338 l de chargement même si il ne faut pas oublier que les câbles, ici au nombre de 3, pourront prendre un peu de place.

Pour conclure rapidement, même si je refuse catégoriquement un éventuel arrêt des moteurs thermiques, je ne peux pas m’empêcher d’être relativement conquis par les voitures électriques. Et l’un des best-sellers, cette Renault Zoé, conserve de nombreux arguments pour convaincre. Agrément de conduite, autonomie, tarif, on ne trouve pas meilleur combo à l’heure actuelle. Et si je devais terminer par un conseil, faites bien attention aux piétons ou aux vélos qui vous entendrons assez rarement arriver.

Crédit photos : Thomas D. (Fast Auto)

*recharge à 100% (80%) : sur prise domestique 25h (20h), borne 7,4 kW 7h20 (5h), borne 22 kW 2h40 (1h40)