Skoda nous a conviés dans la région de Toulouse afin de découvrir la petite nouvelle de leur gamme, la compacte Rapid Spaceback. Après s’être « recréée » une image forte avec le remplacement et le restylage de l’Octavia et de la Superb, des berlines solides et à la bonne image, Skoda gagne en réputation. La marque se décide (enfin) à s’attaquer au segment très concurrentiel des compactes qui comptabilisent aujourd’hui 20% des parts du marché automobile européen.

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En 2012, la Rapid berline se positionnait entre la Fabia et l’Octavia, en l’occurrence très proche de la Seat Toledo. Une alternative pour le client qui pouvait choisir entre une citadine ou une berline. Mais entre nous, la Rapid 2012 n’apportait finalement rien de plus à la gamme tchèque, preuve en est sa délicate discrétion sur nos routes. Les ventes de Skoda sont en progression toutefois il manquait le segment des compactes pour être au complet, lorsque l’on connait la tendance du marché automobile, le constructeur faisait une lourde impasse en la mettant de côté. C’est du passé, n’en parlons plus. La compacte Rapid Spaceback est à présent bel et bien sur nos routes.

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Quoi de neuf avec ce modèle totalement revisité ? Peut-être est-ce le coffre du tricorps amputé qui offre une nouvelle ligne, son audace de jeu de couleurs, une habitabilité toujours aussi exemplaire déjà remarquée sur les autres modèles. Dans tous les cas, Skoda reste fidèle à sa philosophie ; celle d’une voiture de qualité, usant des dernières technologies et du savoir-faire du groupe Volkswagen, développé pour le quotidien en famille, accessibles financièrement.

Skoda aime jouer avec nos nerfs au volant. Que ce soit en Ecosse ou à Toulouse, nous avons eu droit à la pluie et même au brouillard très dense. De quoi tester la tenue de route dans les virages de la montagne noire, ce qui plairait certainement à Paul Belmondo, moi, moins. Quoiqu’il en soit, quand il faut y aller, faut y aller ! Saint Christophe, revient, j’ai les mêmes à la maison.

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Au risque de paraître indisciplinée ou quelque peu rebelle, j’ai envie de vous narrer essentiellement mon expérience au volant, enfin mon avis sur ce modèle clôturera cet essai si attendu. Je profite de cette perche « auto » tendue pour vous présenter mes plus plates excuses pour ce retard.

Ma petite Histoire Skodiste

Lorsque je suis arrivée sur le parking réservé à Skoda, mon regard fut d’emblée attiré par la Rapid Spaceback bicolore. A l’inverse, lorsque j’ai vu le même modèle unicolore, j’ai ressenti un effet Kiskool descendant. Je suis consciente que l’esthétique est vraiment une affaire de goût très personnel, ce qui me laisse vide convaincra d’autres personnes. Pour éviter la déferlante de l’avocat de la défense tchèque (NB Eric), je ne peux pas dire que le Rapid Spaceback est désagréable à l’œil, très loin d’une idée utilitaire, ce serait totalement malhonnête et de mauvaise foi, la ligne est globalement harmonieuse. Une chose de certaine, la Rapid Spaceback a du temps devant elle avant de devenir has been. Elle fait partie de ces modèles qui ne prennent pas une ride avec le temps. Benoit Xavier, Responsable de la communication Skoda France, confirme les intentions commerciales de Skoda. Le constructeur vise pas moins de 2000 ( à 2500) immatriculations en 2014 pour la Spaceback.

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Etant un modèle de conscience professionnelle hummm, je ne me suis pas laissée influencer par ma grande sensibilité artistique mais par vous. Quel modèle choisiriez-vous, quelle motorisation ? C’est pourquoi je me suis vouée corps et âme à prendre en main la Rapid Spaceback 1.6 TDI de 90 ch BVM5. Toutefois, comme nous l’a annoncé Frédéric, les modèles essence connaîtront une hausse des ventes, c’est pourquoi, j’ai essayé les deux motorisations soit le 1.4 TSI de 122 ch DSG7. Je suis une grande joueuse je sais.

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La carrosserie de la motorisation intéressée se présentait en bleu, que voulez-vous, nous ne pouvons pas avoir le beurre et l’argent du beurre (la couleur rouge corrida est à mon sens la plus belle de l’éventail colorimétrique snif ). La ligne reste assez passe-partout, Skoda évite le « m’as-tu vu » peut-être trop. Je m’attendais à une ligne plus racée, quelque chose de plus tranché. Le Tchèque en a voulu autrement. Autrement, je décrirai cette compacte comme une voiture « propre sans excès ». Une auto qui convient parfaitement aux personnes qui recherchent une voiture moins longue qu’une berline, plus ramassée sans se faire pour autant remarquer pas un tempérament affirmé ou controversé. Avec le recul, la Rapid Spaceback est à quelque chose près la Rapid Berline restylée à qui l’on a fait subir une chirurgie extractive du postérieur (-180mm) montée sur le châssis de la Golf6, loin de la référence MQB du groupe VW. Le Rapid Spaceback offre à première vue des dimensions remarquables pour une compacte, plus longue que la Golf7 (L 4 304*l 1 706*H 1 459 mm), elle saura très certainement séduire le marché européen et plus précisément les jeunes actifs. Finalement, Skoda me rend exigeante, lorsque l’on voit le restylage de la Superb ou de l’Octavia, il était évident pour moi que la marque s’amuserait, mais non. Le nez de la voiture respecte la nouvelle charte graphique du logo ainsi que son emplacement plongeant au milieu de la calandre. Du pareil au même concernant la prise d’air en nid d’abeille et les phares qui reprennent le « C » inversé. L’uniformisation de l’image du constructeur est en marche, ce n’est pas pour me déplaire. La tendance générale est une visibilité extrême, des entrées de lumières gigantesques. Et comme pour la plupart d’entre nous, je suis cette tendance. Que ce soit le pare-brise qui grandit notre champ de vision ou le toit panoramique teinté de 2m², la Rapid Spaceback doit certainement être un plaisir lors des belles journées ensoleillées, ce que bien évidemment je ne peux affirmer puisqu’il pleuvait des chiens. La luminosité à l’intérieur de l’habitacle était toutefois plus respirable par ce temps bien maussade.

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Ma Rapid Spaceback était en 5 portes. Lorsque j’ai dit cela à des amies sur un ton presque déçu, j’eus en face des réactions tellement rationnelles du genre « mais c’est super pratique, rien de pire que les trois portes pour installer le petit dans son siège ! ». Ce n’est pas faux. Pourtant, on ne m’enlèvera pas de l’idée qu’un modèle de compacte en 3 portes gagne en caractère. Alors que sa cousine A3 se rêve en berline, Skoda propose ce modèle en 5 portes et puis c’est tout . Il semblerait que le seul intérêt pour le constructeur tchèque soit de pouvoir pénétrer le segment C par un jeu de mots SportBack / SpaceBack et un tour de passe-passe marketing. Est-ce bien raisonnable ? Est-ce raisonnable de tailler le short à une berline sans la proposer en 3 portes ?

Avant de m’installer au volant, suis allée faire un tour vers le coffre, enfin ma valise soyons clair, ce qui m’a permis de confirmer à nouveau son volume juste incroyable. Je dois me plier à dire que bien rare sont les modèles des autres constructeurs à fournir un tel  coffre de 415 à 1 380 litres. La banquette arrière peut se fractionner 2/3-1/3 et intégrer une trappe à skis. Skoda reste bien au-dessus de la moyenne sans compter tous les petits trucs « simply clever » tel que le tapis réversible, côté pile en moquette, côté face en plastique. L’arrière est assez surprenant mais pour une fois, je ne le trouve pas totalement raté. Les designers du constructeur ont su garder en vue l’ensemble, l’homogénéité de la ligne en créant une perspective continue avec le hayon à vitre arrière prolongée, entendre sans scission. Suffisamment rare pour le préciser. Les phares arrières gardent la nouvelle forme en « C » inversé et ne se « cassent » pas à l’ouverture du coffre. Skoda a choisi de les intégrer dans la moulure de la carrosserie. Enfin, me voilà prête à faire vrombir le 1.6 TDI de 90 ch sur les routes de l’arrière pays toulousains. Cette version spécialement tournée vers l’intérêt environnemental  peut descendre à 3,8 l/100 km et 99 g/km de CO2. Le bonus reste inchangé.

Cette version offre le S&S, la récupération d’énergie au freinage, les pneus à faible résistance au roulement. Skoda mise fort sur cette version, valeurs sûres actuellement. Disponibles également sur toutes les versions (hors le MPI) sous la forme de packs « GreenTec » et plus généralement dans la gamme Skoda. Les économies ne sont pas à prendre à la légère, soit entre 4 et 11% (bonus, consommation…).

Les organisateurs avaient entré toutes les données du road book dans l’écran de commande. Le système de navigation permet une prise en main rapide grâce à la bi-fonctionnalité tactile/boutons. Déjà très appréciés sur l’Octavia, le rappel de la navigation ainsi que des éléments utiles pour la conduite placés au centre du tableau de bord est une réelle facilité, ce qui m’a évité de décrocher la route des yeux tant je n’aime pas ce temps-là.

En route vers un cassoulet, le meilleur d’après l’équipe de Skoda. Avant d’atteindre le Graal gastronomique ou du coupable d’une envie soudaine de sieste, j’ai du jouer du clignotant sur le billard bleu. Le son du diesel reste bruyant dès que je monte dans les tours. Cependant, la tenue de route, son agilité lors des dépassements est sans conteste honorable. Je regrette quelque peu son manque de reprise après un freinage (250 Nm de 1 500 à 2 500 tr/min). L’autoroute est l’aire de jeux idéale pour confirmer les champs de vision. Et à ce propos, la Rapid Spaceback est une très bonne voiture si vous recherchez une voiture spacieuse dans laquelle vous n’aurez pas l’impression de vous retrouver dans une boîte à sardines. Cette sensation d’espace confère un excellent sentiment sécuritaire grâce également à l’avertisseur de dépassement entre autre. Mais est-ce réellement le cas ? D’après le crashs tests Euro NCAP, la Rapid Spaceback a reçu 5 étoiles, alors pourquoi il y a un-je-ne-sais-quoi qui me chiffonne. J’ai résolu l’énigme dans la file d’attente au péage. L’intérieur de la Rapid Spaceback reprend celui de la nouvelle gamme restylée dans la forme mais dans le fond, il est très proche de celui de la Golf. Le côté épuré, plastiques durs, la planche de bord ne provoquent pas en moi une vision dynamique de la compacte mais plutôt un côté austère de la Tchèque. Même si l’espace à l’avant est très bien calibré, viable lors des grandes routes en famille, l’aspect club, lounge, cocon ne m’a pas sauté aux yeux si l’on se place côté passager. A mon sens, elle est en dessous du reste de la gamme. Il est évident que si vous montez en version, vous pourrez retrouver cet esprit sofa, quoique je n’en sois pas si certaine. Côté conducteur, j’avoue que je n’ai rien à redire. Pratique, efficace, pertinent, telles sont les caractéristiques de l’ergonomie des commandes. Skoda n’en fait pas de trop mais garde en tête l’utilité première d’une automobile.  Je vous laisse jusqu’au prochain paragraphe sauf si je m’endors en route… Cassoulet de la montagne noire oblige.

Pour une digestion digne d’un cassoulet rien de tel que la montée de la montagne noire servie sur un plateau de brouillard pour rejoindre une piste d’atterrissage avec cette fois-ci le 1.4 TSI 122 ch (175 Nm de 1 550 à 4 100 tr/min). La tenue de route est bonne, plus pêchue, la direction électromécanique en remplacement de l’assistance électro-hydraulique permet un gain de place et de poids non négligeable, les réglages de suspension plus fins se démarquent de l’ancien modèle qui faisait défaut. Toutefois l’amortissement reste trop souple en conduite dynamique. Posée initialement sur des roues 185/60 R 15 elle me semble limite et esthétiquement peu convaincant. Je serais tentée de l’agrémenter par l’option (200€) des roues en alliages de 17″ qui apportent une assise plus sécuritaire. A l’aube des jours difficiles pour le diesel, le modèle essence de la Spaceback confirme cette tendance. Sa consommation mixte de 5,5l/100km rivalise concrètement avec un modèle diesel qui arbore une consommation de 4,5l/100km d’après le constructeur. La consommation était plus proche du 6l/100km lors de l’essai, tout cela dépend du type de conduite évidement.

En définitive, si je devais choisir un modèle ce serait le modèle 1.4 TSI 122ch « Style plus » pour 770€ de plus de la version initiale. La Spaceback ne révolutionne pas le style mais elle est à mon sens une valeur sûre tant pour une ligne indémodable que pour ses qualités de finitions et de performances irréprochables dans sa globalité. La version Elegance reste abordable et largement compétitive au prix de 22 930€ pour le modèle essence (émission CO2 127gr, bonus-malus 0€), concernant le modèle TDi 1.6 105 ch Style Plus comptez 23 645 € (bonus-malus 0€).

Merci à toute l’équipe de Skoda, à Xavier Benoit et Clément Lefèvre plus spécialement.

Crédit Photos: France Dholander pour Blogautomobile.fr